mardi 3 avril 2007

Triste

je n'en peux plus, tu vois, je n'en peux plus, se disait-il en écoutant sa copine pleurer dans la salle de bain, et à chaque sanglot c'était son coeur à lui qui se déchirait, qui se coupait en deux par le milieu et saignait, saignait, et je te le dis, je n'en peux plus, je suis très fatigué, plus que je devrais, ce n'est pas normal du tout d'être aussi fatigué, et bien que le changement d'heure etc., et je repense à cette phrase lue je ne sais plus où, dans quelque article miteux des cahiers ou du film français, juste cette phrase qui venait conclure une série de considérations exténuées sur l'état du cinéma français : ".......... et les réalisateurs arrivent épuisés au moment de tourner leur film". et c'était atroce, et c'est atroce, se dit-il, d'entendre sa copine pleurer dans la salle de bain, on dirait un film de breillat, ou alors quelque chose de plus larmoyant, un film d'ophüls, peut-être, mais avec le sentiment de vivre un cauchemar, quand l'innocence est perdue, et quoi qu'on fasse, on sait qu'on n'y rentrera jamais plus, ça m'a rappelé cette phrase de william hurt dans le film de shyamalan, ce qu'il dit sur l'innocence, que c'est pour ça qu'on se bat, pour retrouver l'innocence, et je me souviens que je m'étais dit tiens c'est là que les athéniens s'atteignirent, comme on dit, c'est le moment le plus beau du film, et même (ce qui n'est pas toujours la même chose) c'est la scène autour de laquelle le film a été construit et pensé, bref. il se disait ça, et sa copine continuait de pleurer dans la salle de bain, et c'était atroce, réellement atroce, il avait l'impression de vivre sans musique, quelque chose d'absolument désespéré, peut-être comme ce mauvais film de blake edwards, days of wine and roses, ce truc sur l'acoolisme avec jack lemmon, le fond de la douleur humaine, c'est ça que ça me rappelle, surtout avec le bruit du loquet quand elle s'est enfermée dans la salle de bain, je suis tellement fatigué, les amis, et tellement triste aussi, le sentiment qui me saisissait parfois en lisant le dernier roman de jay mc inerney, ou celui de brett easton ellis, ce sentiment de gâchis total, quand les hommes faisaient pleurer les femmes et n'arrivaient pas à les consoler ensuite, ces moments absoluments poignants et tristes, au-delà de la tristesse même, voilà, c'est là que je suis ce soir.

2 commentaires:

ACTARUS a dit…

De tout coeur avec toi. Pensées affectueuses.
Power for people of good will.

meumeu a dit…

We live like we dream : alone.