ce soir, je me sens comme david palmer quand il se rend compte que dans son entourage (dans son camp), certains utilisent de sales méthodes pour lui permetre d'être élu ou de le rester.
son air de vierge effarouchée quand il découvre l'ampleur des compromissions de sherry palmer, c'est le mien.
sa colère, c'est la mienne.
sa déception, c'est la mienne.
la question est la suivante - et je dois aux circonstances d'être amené de nouveau à me la poser de façon aiguë : faut-il faire les films, nos films, à n'importe quel prix ?
(en posant cette question, je ne peux pas me soustraire à l'obligation d'y répondre.)
ma réponse bien sûr est non. on ne peut pas faire les films, nos films, à n'importe quel prix. pas à tout prix. pas au prix des gens qui nous aident à les fabriquer. et ces gens, ce ne sont pas seulement les autres (tous les autres), c'est nous, c'est toi et moi.
(est-ce que je dirai encore ça - est-ce que je serai encore capable de dire ça - dans deux, trois, quatre ou cinq semaines ? est-ce que je penserai ça quand nous aurons quatre heures de dépassement et qu'il s'agira soit de jeter l'éponge sur une scène particulièrement ardue, soit d'aller un peu plus loin et de se mettre encore davantage l'équipe à dos, d'être haï de presque tous, tout en n'étant même pas sûr qu'on trouvera ce qu'on cherche, ni même qu'on cherche dans la bonne direction - en n'étant sûr de rien, finalement ? quand on sera si fatigués que tout ce qui nous tiendra debout ce sera la certitude que la semaine se finira, que le tournage, tôt ou tard, se finira. quand on s'en voudra de tout et de rien - comme c'est déjà le cas. quand on se parlera comme des chiens.)
en général, c'est là que quelqu'un regarde david palmer avec une infinie commisération, l'air de dire mon pauvre ami, mais qu'est-ce que tu croyais ? pendant que tu serais des mains (pendant que tu faisais des lectures et des essais costumes) et que tu faisais tes petits speeches à la télé (tes petits dessins pour tes fx), certains dans l'ombre se salissaient les mains pour toi. tu étais bien content de regarder de l'autre côté tant que tout cette merde ne venait pas frapper à ta porte. tant que ça ne sentait pas mauvais devant chez toi.
je n'arrête pas de me demander : que ferait david palmer ?
lundi 11 juin 2007
Legend

guys, this is gonna be awesome !
just a little reminder for those who might have missed the amazing book by matheson :
Robert Neville (Will Smith) is a brilliant scientist, but even he could not contain the terrible virus that was unstoppable, incurable…and manmade. Somehow immune, Neville is now the last human survivor in what is left of New York City…and maybe the world. But he is not alone. He is surrounded by “the Infected”—victims of the plague who have mutated into carnivorous beings who can only exist in the dark and who will devour or infect anyone or anything in their path. For three years, Neville has spent his days scavenging for food and supplies and faithfully sending out radio messages, desperate to find any other survivors who might be out there. All the while, the Infected lurk in the shadows, watching Neville’s every move, waiting for him to make a fatal mistake. Perhaps mankind’s last, best hope, Neville is driven by only one remaining mission: to find a way to reverse the effects of the virus using his own immune blood. But his blood is also what The Infected hunt, and Neville knows he is outnumbered and quickly running out of time.
dimanche 10 juin 2007
mercredi 6 juin 2007
mardi 5 juin 2007
lundi 4 juin 2007
Black Snake Moan

ce qui est très évident, dès le début, c'est le plaisir qu'il prend à filmer cette fille et ce gars, plaisir tout simple, et en même temps sans rien de nonchalant ou de désinvolte, un plaisir vraiment attentif, attendri même - mais sans rien de mou ou de mièvre, au contraire, avec au fond de tout une dureté minérale, comme un morceau de roche ou d'ébène.
bref.
je ne parle pas de l'érotisme fatal, complètement bouleversant, de cette culotte blanche ou de ce t-shirt dixie land, ni de cette chaîne ventrale, chaîne réelle, épaisse et dure, non non.
mais il faut voir, il faut voir pour comprendre. je ne vais pas te faire l'article, mais bon, il faut voir, dans le désordre :
la scène où elle se cache dans la maison alors que le petit jeune homme est dehors, la façon dont elle rampe sur le parquet, une main sur la bouche, pour ne pas lui répondre, ne pas lui sauter sur la braguette, et le petit gars qui sent que quelque chose ne va pas, ce regard en coin, et ce plan sur les pieds qui montent les marches du perron - ah là là, le perron des maisons américaines, le porch, comme ils disent - et puis la façon dont elle, finalement, n'y résistant plus, se jette sur lui, enlève son t-shirt et ferme la porte d'un coup de pied, la mise en scène de ce moment-là, le montage -
- et ça ne s'arrête pas là, ça continue, le plan sur la porte s'élargissant en plan de toute la maison, puis de la cour, jusqu'à ce que la voiture rentre et que le type en sorte, et ouvre la porte de la maison et chasse le môme à coups de pompes - la beauté pure de tout ça, la comédie en même temps, on n'est pas très loin de ford, finalement, c'est à ça que me faisait penser ce porch, à john wayne dans the searchers, peut-être, à vera miles dans le même film - ford ayant su mieux que personne filmer ça, la beauté des gens s'abritant sous le porch, regardant au loin, rêvant.
(puisqu'on parle de ford, la scène où ils se retrouvent tous à manger autour de la table, le pasteru, le môme, le bluesman et la fille - encore enchaînée - mais qui aurait pu faire avaler cette scène, qui à part ford aurait pu avoir le nécessaire sens du grotesque et de l'absurde - de la comédie - et garder quand même à la scène sa ligne juste, et aux personnages leur dignité ?)
ou encore, dans la scène du début, quand justin s'en va-t-en guerre, la façon dont elle tombe à genoux dans l'herbe, et puis ses larmes qui se transforment en désir, et puis la masturbation filmée sur les santiags (le costume dans cette scène, génial, un poil trop peut-être, la grande chemise à carreaux de justin et les santiags mauves, je ne sais pas, trop de bon goût peut-être, mais bon, on leur pardonne).
(on leur pardonne tout puisqu'ils ont fait ce fim.)
et la jouissance, bon, faut dire quand même, que c'est le plus grand film sur la jouissance (et la frustration) qu'on ait vu de longtemps, je ne parle pas que de sexe, la scène où le gars joue de la guitare pendant que dehors le tonnerre gronde, c'est aussi de la jouissance, "please laz, keep playing", elle lui dit, c'est magnifique, et la guitare qui vibre, les basses puissantes, rien que de t'en parler j'en ai encore des frissons, je voudrais revoir ce film, le revoir vite, bientôt.
bon, alors bien sûr on dira le background semi-analytique de type traumatique, bon, d'accord, on a compris, c'est un peu - mais justement c'est ce qui distingue encore le cinéma américain de nos cinémas essoufflés d'europe, c'est le rapport à l'évidence, c'est-à-dire qu'ils ont un rapport très pur à l'évidence, qui fait qu'elle mérite d'être dite (TOUT SIMPLEMENT), d'être rappelée, ce qui fait par exemple qu'ils font (encore et toujours) (les américains) les plus beaux films sur la liberté, puisque pour nous, c'est l'évidence suprême (nous sommes libres), tellement évidente qu'on n'estime même pas nécessaire de faire des films dessus (ou alors quoi, ressources humaines de mes couilles, le plus grand film français sur la liberté depuis quoi, l'argent de bresson ?), ben oui, c'est dans notre devise, bande de fils de pute, juste avant tout le reste, l'égalité et l'autre truc, là, la fraternité, ben oui, sauf qu'après tout le monde vote en masse pour sarkozy, alors voilà, c'est là qu'on la met, la liberté, ou plutôt c'est à ce prix qu'on l'estime, aux chiottes, en somme. (et tu n'as que ce que tu mérites.)
et la scène, bon, je ne vais pas toutes te les faire, si tu n'as pas encore compris qu'il faut y aller, je ne peux rien pour toi, mais quand même, la scène de la fin, la scène du mariage, quand ils s'enlacent sur le perron (encore !), elle en robe de mariée et lui en costume, c'est sublime, et qu'il la rend à son homme, maintenant, c'est toi qui t'occupes d'elle, il lui dit, moi j'en chialais dans mon fauteuil, tu ne peux pas savoir.
et la scène finale, sur la route, je pensais à la fin du lauréat, cette scène subime et indépassable croyais-je), je ne te dis pas pour pas te gâcher le plaisir, mais ce qu'elle lui dit à la toute fin*, la dernière phrase du film (la dernière phrase, mon dieu, la dernière phrase), we're gonna be okay, et elle le répète, comme dans - tiens, comme dans ce film, comment ça s'appelle, la troisième partie de quoi, ah oui, du monde, hé hé, ça va aller, ça va aller, dit-elle - et "à la fin, elle finit par le croire" (la phrase dont je suis le plus fier, soit dit en passant, de tout le scénario).
enfin bref, va voir ce film et puis c'est tout.
* après avoir serré sa chaîne ventrale pour se donner de la force, sa chaîne nuptiale, mais bordel c'est l'idée de sénario la plus belle de tous les temps, que le gars lui offre non pas une bague de mariage, mais une chaîne, mais tu pleures, je te dis, tu pleures !
vendredi 1 juin 2007
mardi 29 mai 2007
Industrie
drôle d'ambiance dans la salle de prépa, le film commence à se perdre tout en se précisant - je veux dire, il se perd en se faisant, et il se perd d'autant plus sûrement qu'il se fait avec précision. parce que ce qui retient l'attention, c'est le détail, le nombre, la mesure (métrique), le temps (forcément minuté).
(ben oui mon con, le cinéma est un art industriel, à ce titre, il prend en considération un certain nombre de moyens de production, et les contraintes afférentes.)
mais tout de même.
faut bien ce dire que ce qu'on fait là n'est pas le film*.
(même si ça permet un certain nombre de choses.)
je reviens à la salle de prépa (mais pas seulement) : les moments les plus beaux sont aussi les plus silencieux (recueillis). les moments les plus trompeurs sont les moments bruyants (joyeux ou pas, musique ou pas) et les moments de speed.
quand on s'égare.
montré les grands espaces à eduardo ce soir.
marrant comme dans ce film (les grands espaces), on a l'air d'avoir déjà tout vu cent fois - dans d'autres courts-métrages - et même tout entendu - même la bande-son du générique de fin, avec le tonnerre - et pourtant, le film est là, et pas si frelaté que ça. suffit de bien regarder.
aujourd'hui j'ai acheté house by the river à la fnac, je suis complètement tremblant. ça fait presque dix ans que j'essaie de le voir, je me souviens une fois, au cinéma de minuit, il était diffusé très tard et je n'avais pas réussi à regarder ni à enregistrer, et voilà, je me disais c'est foutu, une autre fois il était passé à l'action écoles, je l'avais encore manqué - et puis voilà. je l'ai, je te dis dès que je l'ai vu (enfin).
* et pourtant, c'est maintenant que le film se fait. c'est ça qui fait peur. quoi qu'on fasse maintenant, c'est le film qui se fait là, déjà, un peu (beaucoup ?). alors si on se trompe (de problème, d'ennemi, d'urgence)..............
(ben oui mon con, le cinéma est un art industriel, à ce titre, il prend en considération un certain nombre de moyens de production, et les contraintes afférentes.)
mais tout de même.
faut bien ce dire que ce qu'on fait là n'est pas le film*.
(même si ça permet un certain nombre de choses.)
je reviens à la salle de prépa (mais pas seulement) : les moments les plus beaux sont aussi les plus silencieux (recueillis). les moments les plus trompeurs sont les moments bruyants (joyeux ou pas, musique ou pas) et les moments de speed.
quand on s'égare.
montré les grands espaces à eduardo ce soir.
marrant comme dans ce film (les grands espaces), on a l'air d'avoir déjà tout vu cent fois - dans d'autres courts-métrages - et même tout entendu - même la bande-son du générique de fin, avec le tonnerre - et pourtant, le film est là, et pas si frelaté que ça. suffit de bien regarder.
aujourd'hui j'ai acheté house by the river à la fnac, je suis complètement tremblant. ça fait presque dix ans que j'essaie de le voir, je me souviens une fois, au cinéma de minuit, il était diffusé très tard et je n'avais pas réussi à regarder ni à enregistrer, et voilà, je me disais c'est foutu, une autre fois il était passé à l'action écoles, je l'avais encore manqué - et puis voilà. je l'ai, je te dis dès que je l'ai vu (enfin).
* et pourtant, c'est maintenant que le film se fait. c'est ça qui fait peur. quoi qu'on fasse maintenant, c'est le film qui se fait là, déjà, un peu (beaucoup ?). alors si on se trompe (de problème, d'ennemi, d'urgence)..............
dimanche 27 mai 2007
Maso
c'est marrant, personne n'a relevé le masochisme des grands espaces.
pourtant je me suis donné du mal. littéralement.
ça a quand même fait rire gaspard, j'étais super content.
(mais à la réflexion, peut-être qu'il a dit ça pour me faire plaisir.)
(même si c'est pas son genre - de dire des trucs pour faire plaisir.)
(bon, bien sûr, il n'a pas vu la bonne version : mauvais montage, mauvais étalonnage vidéo, mauvais mix - un dvd château-rouge, quoi.)
(c'est d'ailleurs la mauvaise version qui a été envoyée tous azimuts : aux acteurs de 3PM, à l'équipe technique, au japon.............)
(merci château-rouge.)
la question c'est : est-ce que j'aurais pu aller plus loin ? dans le masochisme, je veux dire.
bien sûr.
les grands espaces 2, peut-être...........
faut y penser.
l'histoire d'un gars qui se perd et qui rencontre un autre gars, en train de mourir, en rase campagne.
ça pourrait être drôle.
(ça me rappelle un épisode de deadwood, quand calamity jane rencontre un gars en train de mourir de la peste dans un sous-bois, et qu'elle lui file à boire, et puis elle l'engueule.)
j'aurais pu casser mes lunettes.
j'aurais pu être vêtu d'un short et d'une chemise et de tongs - ça, ç'aurait été drôle ! merde ! j'y avais pas pensé.
non mais sans rire, personne ne veut produire les grands espaces 2 ? j'ai plein d'idées, soudain.
je ferais un vrai survival comique.
cw ? t'en dis quoi ? tu veux plus faire de courts-métrages, je sais, mais celui-là, on pourrait le faire en hd. ou en dv, avec la pana de crp. t'en dis quoi ?
et cette fois, le gars, il entrerait dans la maison abandonnée. (il casserait un carreau, avant de se rendre compte que la porte était ouverte, qu'il aurait pu entrer normalement.)
pourtant je me suis donné du mal. littéralement.
ça a quand même fait rire gaspard, j'étais super content.
(mais à la réflexion, peut-être qu'il a dit ça pour me faire plaisir.)
(même si c'est pas son genre - de dire des trucs pour faire plaisir.)
(bon, bien sûr, il n'a pas vu la bonne version : mauvais montage, mauvais étalonnage vidéo, mauvais mix - un dvd château-rouge, quoi.)
(c'est d'ailleurs la mauvaise version qui a été envoyée tous azimuts : aux acteurs de 3PM, à l'équipe technique, au japon.............)
(merci château-rouge.)
la question c'est : est-ce que j'aurais pu aller plus loin ? dans le masochisme, je veux dire.
bien sûr.
les grands espaces 2, peut-être...........
faut y penser.
l'histoire d'un gars qui se perd et qui rencontre un autre gars, en train de mourir, en rase campagne.
ça pourrait être drôle.
(ça me rappelle un épisode de deadwood, quand calamity jane rencontre un gars en train de mourir de la peste dans un sous-bois, et qu'elle lui file à boire, et puis elle l'engueule.)
j'aurais pu casser mes lunettes.
j'aurais pu être vêtu d'un short et d'une chemise et de tongs - ça, ç'aurait été drôle ! merde ! j'y avais pas pensé.
non mais sans rire, personne ne veut produire les grands espaces 2 ? j'ai plein d'idées, soudain.
je ferais un vrai survival comique.
cw ? t'en dis quoi ? tu veux plus faire de courts-métrages, je sais, mais celui-là, on pourrait le faire en hd. ou en dv, avec la pana de crp. t'en dis quoi ?
et cette fois, le gars, il entrerait dans la maison abandonnée. (il casserait un carreau, avant de se rendre compte que la porte était ouverte, qu'il aurait pu entrer normalement.)
Cruel
il faudrait dire, quand même, rendre à césar, rendre à fincher, en l'occurrence, dire que dans l'ennui flottant que produit le film, l'ennui indéterminé, l'ennui sans objet (assez beau, finalement), mais l'ennui quand même, il faudrait dire quelque chose des deux premiers meurtres.
quand la voiture vient se garer derrière celle des jeunes gens, puis repart - puis le demi-tour, les pneus crissant dans la nuit - et la voiture qui revient à toute allure, la lampe-torche, et les coups de feu, le ralenti sur le premier coup de feu (je crois). on ne respire plus, à cet instant. (d'une cruauté inouïe, ce faux départ.)
et ensuite, le meurtre au bord du lac, la maestria de cette mise en scène (j'ai dit maestria ? j'ai employé le mot maestria ? qu'est-ce qui m'arrive ?). le plan large où le tueur est à droite, et les victimes à gauche, tout le monde debout, encore debout - pour combien de temps ? ce qui est hallucinant, c'est le mixage, le son du vent dans les arbres - parce que c'est vrai - C'EST VRAI - qu'il y a du vent au bord d'un lac. et la tension incroyable de cette scène, quand on se demande comment tout ça va finir, et qu'on se dit si ça se trouve, si ça trouve, ils vont s'en sortir, tout ça est une espèce de blague (il y a même de la place pour cette pensée-là, c'est dingue), et puis on voit, il y a le plan sur les cordes glissées dans le dos du méchant, dans sa ceinture, et là on se dit ils sont foutus.
on se dit, le boulot que ça a dû demander à fincher de mettre ça en scène, et au montage, pour que la tension ne se relâche pas, pour qu'on oscille de cette façon tellement singulière entre un truc grotesque, presque un canular - ce qui permet au type de dire "est-ce qu'il y a vraiment des balles dans votre truc ?" - et l'horreur absolue, la barbarie, son éclat soudain - les coups de couteau dans le dos du type et dans le ventre de la fille - et le plan final, très beau, sur le lac.
quand la voiture vient se garer derrière celle des jeunes gens, puis repart - puis le demi-tour, les pneus crissant dans la nuit - et la voiture qui revient à toute allure, la lampe-torche, et les coups de feu, le ralenti sur le premier coup de feu (je crois). on ne respire plus, à cet instant. (d'une cruauté inouïe, ce faux départ.)
et ensuite, le meurtre au bord du lac, la maestria de cette mise en scène (j'ai dit maestria ? j'ai employé le mot maestria ? qu'est-ce qui m'arrive ?). le plan large où le tueur est à droite, et les victimes à gauche, tout le monde debout, encore debout - pour combien de temps ? ce qui est hallucinant, c'est le mixage, le son du vent dans les arbres - parce que c'est vrai - C'EST VRAI - qu'il y a du vent au bord d'un lac. et la tension incroyable de cette scène, quand on se demande comment tout ça va finir, et qu'on se dit si ça se trouve, si ça trouve, ils vont s'en sortir, tout ça est une espèce de blague (il y a même de la place pour cette pensée-là, c'est dingue), et puis on voit, il y a le plan sur les cordes glissées dans le dos du méchant, dans sa ceinture, et là on se dit ils sont foutus.
on se dit, le boulot que ça a dû demander à fincher de mettre ça en scène, et au montage, pour que la tension ne se relâche pas, pour qu'on oscille de cette façon tellement singulière entre un truc grotesque, presque un canular - ce qui permet au type de dire "est-ce qu'il y a vraiment des balles dans votre truc ?" - et l'horreur absolue, la barbarie, son éclat soudain - les coups de couteau dans le dos du type et dans le ventre de la fille - et le plan final, très beau, sur le lac.
Ossessione
je me disais, voilà, c'est un film sur une idée mimétique, une idée qui se propage comme un virus, qui envahit ton cerveau et que tu ne peux plus déloger, le film décrit ce processus, cette contamination,
(le zahir de borges ?)
un film sur une communauté prise dans les rets d'une même idée, l'idée du zodiac, les meurtres du zodiac, les lettres du zodiac, le nom du zodiac, les bottes du zodiac, etc.
communauté exclusivement masculine, les femmes n'existant que pour se faire massacrer, chloe sevigny n'étant là que pour signaler l'absence de toutes les autres,
(tu as remarqué comme les femmes ne sont pas filmées ?)
(peut-être la fille au bord du lac, juste avant de se faire trucider, mais c'est maigre)
la blondeur de chloe sevigny étant plus un signe destiné à manifester une absence, servant pour ainsi dire à témoigner, par sa brillance, sa brillance numérique, ce que disait kundera sur la blondeur, comment la blondeur redouble le signe de la féminité, un truc comme ça.
(sémiologie de la blondeur.)
(le zahir de borges ?)
un film sur une communauté prise dans les rets d'une même idée, l'idée du zodiac, les meurtres du zodiac, les lettres du zodiac, le nom du zodiac, les bottes du zodiac, etc.
communauté exclusivement masculine, les femmes n'existant que pour se faire massacrer, chloe sevigny n'étant là que pour signaler l'absence de toutes les autres,
(tu as remarqué comme les femmes ne sont pas filmées ?)
(peut-être la fille au bord du lac, juste avant de se faire trucider, mais c'est maigre)
la blondeur de chloe sevigny étant plus un signe destiné à manifester une absence, servant pour ainsi dire à témoigner, par sa brillance, sa brillance numérique, ce que disait kundera sur la blondeur, comment la blondeur redouble le signe de la féminité, un truc comme ça.
(sémiologie de la blondeur.)
Ryan Gosling
vu la faille, fracture en anglais.
le plan sur la secrétaire dont le visage ressemble à celui d'une poupée, avec ses grands yeux bleus et sa petite bouche rouge.
le décor de l'audience préliminaire, avec les cages sur les côtés.
la villa du bad guy, incompréhensible, espace indéchiffrable, purement mental.
un des deux flics, c'était le génial psy de sunshine ("kaneda, what do you see ? WHAT DO YOU SEE ?!"), ici avec une coupe atroce pendant presque tout le film, heureusement, il va chez le coiffeur avant la dernière scène.
le gimmick des billes d'acier et des mécanismes - rien à foutre, mais c'est joli à voir.
l'aspect très précis de chaque chose, la sensation tactile de chaque chose - le film le plus tactile que j'aie vu depuis longtemps, depuis mettons existenz de cronenberg.
rosamund pike, qui me fait penser à quelqu'un mais je ne sais pas qui. sa voix incroyablement grave, et la façon dont elle masque imparfaitement son accent anglais. (divine actrice anglaise, je le sais depuis que je l'ai vue dans ce james bond où elle finissait empalée sur une édition rare de l'art de la guerre.)
(si je ne m'abuse, c'est le james bond où jouait madonna - on pouvait se douter que ce serait bien.)
et puis bon, ryan gosling.
ryan.
gosling.
surprenant mélange de flegme, de désinvolture, d'arrogance, de douceur apprise et de tension.
on ne sait jamais ce qu'il va faire dans le plan. le foutre en l'air ou le rendre sublime. et ça bascule toujours du bon côté.
ça me tue, à quel point les acteurs américains sont riches. d'une richesse insoupçonnée. (cf. chris evans : cellular, puis fantastic four, puis, qui l'eût cru, sunshine - même si le personnage est naze, lui est très bien.)
je crois que c'est ça que j'aime chez gosling : il est imprévisible.
(pour gaspard peut-être.)
le plan sur la secrétaire dont le visage ressemble à celui d'une poupée, avec ses grands yeux bleus et sa petite bouche rouge.
le décor de l'audience préliminaire, avec les cages sur les côtés.
la villa du bad guy, incompréhensible, espace indéchiffrable, purement mental.
un des deux flics, c'était le génial psy de sunshine ("kaneda, what do you see ? WHAT DO YOU SEE ?!"), ici avec une coupe atroce pendant presque tout le film, heureusement, il va chez le coiffeur avant la dernière scène.
le gimmick des billes d'acier et des mécanismes - rien à foutre, mais c'est joli à voir.
l'aspect très précis de chaque chose, la sensation tactile de chaque chose - le film le plus tactile que j'aie vu depuis longtemps, depuis mettons existenz de cronenberg.
rosamund pike, qui me fait penser à quelqu'un mais je ne sais pas qui. sa voix incroyablement grave, et la façon dont elle masque imparfaitement son accent anglais. (divine actrice anglaise, je le sais depuis que je l'ai vue dans ce james bond où elle finissait empalée sur une édition rare de l'art de la guerre.)
(si je ne m'abuse, c'est le james bond où jouait madonna - on pouvait se douter que ce serait bien.)
et puis bon, ryan gosling.
ryan.
gosling.
surprenant mélange de flegme, de désinvolture, d'arrogance, de douceur apprise et de tension.
on ne sait jamais ce qu'il va faire dans le plan. le foutre en l'air ou le rendre sublime. et ça bascule toujours du bon côté.
ça me tue, à quel point les acteurs américains sont riches. d'une richesse insoupçonnée. (cf. chris evans : cellular, puis fantastic four, puis, qui l'eût cru, sunshine - même si le personnage est naze, lui est très bien.)
je crois que c'est ça que j'aime chez gosling : il est imprévisible.
(pour gaspard peut-être.)
Picking myself up
the last few days have been kinda hard, indeed, but now i'm back on tracks.
funny how i didn't feel like writing on this blog anymore......... like if the reason i was keeping up with this weird diary had suddenly vanished away. like if the idea of a whole bunch of people gathered tightly around one beautiful idea had suddenly lost its relevance..........
but now it's okay. i'm back on tracks. i think i just lost a bit of my courage at some point. i guess it's bound to happen sometimes. i guess it's alright.
isn't it ?
sometimes, it's so hard to keep up with what's right - what you think is right.
(sometimes, there's god so quickly.)
but it's like they say in that madonna song :
"have you ever been hit so hard that it sends your body flying through the room ?
we all fall to the floor at some point.
it's how you pick yourself up,
that's the real challenge,
isn't it ?"
whatever.
i could quote the whole song anyway.
what did i want to say to you ?
in the metro, on my way home from my aunt's, i watched people's feet - i watched their shoes, different coulours, different shapes. somehow, it made me feel calm. most people were in couples. that made me feel calm too.
elodie sent me a message from cannes : she saw eva mendes coming out of her hotel, wearing a blue dress. i wish i could see her too - and i wish i could see elodie seeing her.
i feel very calm, thats what i wanted to say to you. it's kinda late now, almost one a.m. and i feel very calm.
i had a very good work session with maya today. incredibly good. we came up with wonderful ideas for her scenes. and she came up with the most powerful idea for the sfx scenes. i must tell françois about it, i hope he'll be as thrilled as i am.
(it's really, REALLY, a wonderful idea. i'll write it down in the script tomorrow.)
and then, she bought me a soap - litteraly. i was out of soap, and we were hanging out in this tiny shop where they sell all those bio things, like tofu crackers and fat free-sugar free-salt free dehydrated food - and she bought me a soap. that was so cool. thanks to her, i'll take a shower tonight.
i'm joking, but i really like the girl. i feel comfortable around her. she's a true friend. (cf. the soap.)
it's so cool to feel surrounded with friends in the process of making this film. it's so nice to feel all those intelligent and creative people working their ass off to make my visions come true. thank you all, guys.
and good night.
funny how i didn't feel like writing on this blog anymore......... like if the reason i was keeping up with this weird diary had suddenly vanished away. like if the idea of a whole bunch of people gathered tightly around one beautiful idea had suddenly lost its relevance..........
but now it's okay. i'm back on tracks. i think i just lost a bit of my courage at some point. i guess it's bound to happen sometimes. i guess it's alright.
isn't it ?
sometimes, it's so hard to keep up with what's right - what you think is right.
(sometimes, there's god so quickly.)
but it's like they say in that madonna song :
"have you ever been hit so hard that it sends your body flying through the room ?
we all fall to the floor at some point.
it's how you pick yourself up,
that's the real challenge,
isn't it ?"
whatever.
i could quote the whole song anyway.
what did i want to say to you ?
in the metro, on my way home from my aunt's, i watched people's feet - i watched their shoes, different coulours, different shapes. somehow, it made me feel calm. most people were in couples. that made me feel calm too.
elodie sent me a message from cannes : she saw eva mendes coming out of her hotel, wearing a blue dress. i wish i could see her too - and i wish i could see elodie seeing her.
i feel very calm, thats what i wanted to say to you. it's kinda late now, almost one a.m. and i feel very calm.
i had a very good work session with maya today. incredibly good. we came up with wonderful ideas for her scenes. and she came up with the most powerful idea for the sfx scenes. i must tell françois about it, i hope he'll be as thrilled as i am.
(it's really, REALLY, a wonderful idea. i'll write it down in the script tomorrow.)
and then, she bought me a soap - litteraly. i was out of soap, and we were hanging out in this tiny shop where they sell all those bio things, like tofu crackers and fat free-sugar free-salt free dehydrated food - and she bought me a soap. that was so cool. thanks to her, i'll take a shower tonight.
i'm joking, but i really like the girl. i feel comfortable around her. she's a true friend. (cf. the soap.)
it's so cool to feel surrounded with friends in the process of making this film. it's so nice to feel all those intelligent and creative people working their ass off to make my visions come true. thank you all, guys.
and good night.
Inscription à :
Articles (Atom)








